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ERWIN BLUMENFELD (1897–1969 ). Photographies, dessins et photomontages

12 décembre 2013

Le Jeu de Paume nous fait redécouvrir Erwin Blumenfeld, célèbre photographe juif allemand naturalisé américain, dont la démarche artistique fut fortement influencée par le contexte historique du début du 20ème siècle.
  • Né à Berlin en 1897, Erwin Blumenfeld vit une enfance insouciante jusqu’en 1913, année durant laquelle il doit arrêter ses études pour subvenir aux besoins de sa famille. Mais en 1916, lors de la 1ère Guerre Mondiale, il est enrôlé comme ambulancier et transporte les corps morts des soldats. C’est à son retour qu’il décide de quitter l’Allemagne pour les Pays-Bas. Il sera alors gérant d’une maroquinerie et y photographiera ses premiers modèles : ses clientes. Il réalise alors de nombreux portraits dont celui de Geneviève Rouault (dont le père n’est autre que le peintre Georges Rouault) qui lui conseille de partir à Paris. Il s’y installe en tant que photographe en 1936.

    Grâce à Cecil Beaton, il travaille pour le magazine Vogue dès 1938, et signe un engagement avec Harper’s Bazaar une année plus tard, à l’aube de la 2nde Guerre Mondiale. C’est alors qu’avec sa famille (sa femme et ses trois enfants) il est interné en France dans des camps d’étrangers mais parvient finalement à s’enfuir, et rejoint New-York en 1941. L’aventure américaine commence : la réputation de l’artiste s’amplifie grâce à ses photographies de mode pour Harper’s Bazaar, Vogue, Cosmopolitan…Il devient l’heureux propriétaire d’un studio sur Central Park en 1943 et est naturalisé américain en 1946.

    Les quelques 300 œuvres mises en évidence au Jeu de Paume nous permettent d’observer la richesse de la créativité de ce personnage à la fois corrosif et fantaisiste. C’est par le biais d’une structure thématique que nous découvrons cette exposition. Elle met en relief les différentes facettes de l’artiste. Nous nous introduisons en premier lieu dans une salle présentant des « dessins, montages et collages », réalisés dès les années 20, qui nous initient déjà au caractère acerbe et drôle du photographe. Il prendra d’ailleurs part au mouvement dada sous l’influence de Georg Grosz. S’ensuivent alors de multiples photographies classées selon les sujets de prédilection d’E. Blumenfeld : les autoportraits, le nu, les portraits, le dictateur, l’architecture ; puis enfin la mode à travers laquelle il se forgea une parfaite réputation dans les années 40 et 50.

    Sa recherche esthétique fut en perpétuel renouvellement. Il prit plaisir à explorer, à créer, à user de nouvelles formes stylistiques comme la solarisation, les superpositions, les altérations ou encore son travail particulier sur l’ombre et la lumière.

    C’est en expérimentant ses sujets de manière inédite qu’il a élaboré un style pour le moins singulier. Erwin Blumenfeld s’est engagé, s’est battu, s’est affirmé dans un monde qu’il a connu barbare et qu’il a su dénoncer avant d’avoir la chance de s’en extraire. Ses photographies sur le dictateur en sont formellement le reflet.

    C’est un homme qui a su maîtriser autant le noir et blanc que la couleur. Sa palette chromatique a illuminé les mannequins photographiés dans son studio new-yorkais et a galvanisé nombre d’amateurs.

    La passion artistique d’Erwin Blumenfeld est fidèlement mise à l’honneur dans cette exposition à la fois éclectique et fédératrice.

    Jeu De Paume - Du 15 octobre 2013 au 26 janvier 2014

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