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RAYMOND DEPARDON, Un moment si doux

17 décembre 2013

La célébration de la couleur dans l’œuvre atypique du photographe Raymond Depardon ornemente pour notre plus grand plaisir les salles du Grand Palais. Le musée, avec l’aide de cet artiste discret et talentueux, dévoile près de 160 photographies révélant ainsi des images dont la fugacité et l’émotion nous emportent avec délicatesse.
  • Cette promenade intimiste, depuis les premières prises de vues de la fin des années 50 jusqu’aux images les plus récentes effectuées pour cette exposition, nous embarque dans son univers contemplatif, ces moments si doux que Raymond Depardon affectionne tendrement, où il savoure ce « plaisir de la couleur » qu’il a mis du temps à révéler : ce n’est qu’au début des années 80 qu’il s’est senti plus libre avec la couleur, même s’il l’utilisait déjà en sus de cette photographie noir et blanc qui fut bien longtemps un sacerdoce.

    Cet artiste fut en premier lieu un photoreporter au service de nombreuses agences, avant de créer la sienne propre : Gamma. C’est ainsi qu’il voyagea à travers le monde et revint chargé d’images et d’émotions qu’il mit au service de cet art photographique auquel il est passionnément lié.

    Vous aurez la chance d’observer les clichés provenant du Chili, de Beyrouth, de Glasgow… et vous découvrirez que Raymond Depardon avait l’art de capter ce qui se passait en marge des combats ; des temps morts qui en disaient long sur le conflit lui-même en montrant la population dans son quotidien, malgré les balles et les bombes. Cela aussi c’est la mémoire d’un pays. Cette mémoire il nous la transmet également grâce à ses photographies des vastes espaces, allant des campagnes les plus profondes aux déserts africains, ou encore dans sa réflexion sur l’isolement au milieu même des cités urbaines. Ces dernières années il a même réutilisé le Rolleiflex de ses débuts, cet appareil au format pour le moins original, où l’on doit incliner la tête pour cadrer l’image et prendre le temps pour la mise au point.

    Mais il est évident que cette errance, qu’elle soit en Afrique ou en Amérique du Sud, est le fruit d’un témoignage bouleversant sur la simplicité et la sincérité de l’individu, ou encore sur un endroit inconnu, rendu lumineux et attachant grâce à cette pellicule argentique que Raymond Depardon aime utiliser.

    S’arrêter là où personne ne s’arrête. Effleurer la grâce d’un monde où aucun événement important ne se passe. Être un simple spectateur de la vie, mais avec un œil subtil et pénétrant, de ces moments anodins et si doux, aux couleurs magnifiquement intenses.

    Voilà le sentiment éprouvé durant cette douce et joyeuse balade.

    Grand Palais du 14 novembre 2013 au 10 fevrier 2014

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