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TOP OF THE LAKE, Série créé par JANE CAMPION

3 février 2014

La réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion a créé une fantastique et singulière mini-série télévisée de six épisodes. « Top of the lake » est un petit bijou fantasmagorique illuminé par une photographie à la fois poétique et ténébreuse.
  • Afin d’élaborer ce projet elle a choisi de travailler en équipe. L’histoire et coécrite avec Gerard Lee, ami et ancien compagnon avec lequel elle avait déjà collaboré (sweetie 1989). Quant à la réalisation, elle a confié trois des épisodes aux mains de Garth Davis (plutôt connu dans la publicité). Les trois autres étant mis en scène par elle-même.

    Jane Campion a envisagé l’écriture de cette série comme celle d’un roman, chaque épisode de une heure représentant un chapitre. Cette œuvre télévisuelle, coproduction américaine, britannique et australienne, fut présentée au festival de cinéma de Sundance, à celui de Berlin, ainsi qu’à Cannes.

    Jane Campion y explore plusieurs personnages avec une belle intensité, en pénétrant petit à petit dans l’intimité de chacun d’entre eux, perdus dans la splendeur sauvage et indomptable du paysage de l’île sud de la Nouvelle-Zélande, près du lac Wakatipu. La cinéaste tenait à tourner dans son pays d’origine, au milieu de cette nature absolument magnifique, ce paradis à l’état brut qui vous relie à l’essence même de la terre et de ses éléments. Elle-même parle de relation passionnée avec ce paysage qu’elle a bien connu et qui la fascine, comme s’il pouvait avoir une vertu salvatrice sur l’homme, à condition bien évidemment qu’il accepte de lâcher prise.

    La cinéaste nous y présente différents personnages, dont une fillette de douze ans, Tui (Jacqueline Joe), qui se révèle être enceinte de cinq mois. La petite disparaît et Al Parker (David Wenham), un inspecteur de la petite ville de Lake Top, confie les investigations à une jeune enquêtrice de la brigade des mineurs de Sydney, Robin Griffin (Elisabeth Moss), qui se trouve dans le coin en raison d’une visite à sa mère malade. L’autre figure très influente de Lake Top, dénommée Matt Mitcham (Peter Mullan), est le père de Tui. Il est une sommité dans le domaine des stupéfiants. C’est un père despotique vis à vis de ses fils, autant qu’il est violent envers ceux qui contrecarrent ses moindres décisions. Quant au personnage haut en couleur de cette aventure, GJ (jouée par Holly Hunter), c’est une sorte de maître spirituel d’une communauté regroupant des femmes paumées et méprisées, et nouvellement installées au milieu de nulle part. Là où la nature vous encercle de sa beauté, et dont le nom n’est autre que « Paradise ». Belle ironie vis à vis de ces personnages meurtris par la vie ! Point d’héroïsme chez les protagonistes de cette série. Chacun s’immerge au plus profond de lui-même et fait face à son existence et à ses torpeurs.

    Et cela au côté d’un personnage à part entière : le paysage. Le lac, les montagnes et la forêt encerclent et entortillent de leur présence spectaculaire, magnifique et inquiétante, les êtres qui tentent d’exorciser les souffrances et les tourments qui les habitent. La cinéaste nous plonge dans un univers où s’enchevêtrent nature et humains, avec pour toile de fond une mystérieuse enquête criminelle.

    Nous y retrouvons le perpétuel questionnement de Jane Campion sur la condition de la femme dans la société, au sein d’une sphère archaïque où les mœurs et l’organisation sociale reposent sur une autorité masculine oppressante. La brutalité, la sauvagerie, la nature, la quête humaine… tous ces thèmes nous ramènent à cette créatrice fondamentale qui a empreint le cinéma de films tels que « La leçon de piano », « In the cut », « Bright star »… Un regard de femme.

    Série dramatique crée en 2013 par Jane Campion, avec Elisabeth Moss, Peter Mullan, Skye Wansey...

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